Du fait de ma profession, je suis amenée à me déplacer très régulièrement, le plus souvent en empruntant les autoroutes. Si cela a pu avoir un côté un peu exaltant au départ (ah, prendre la route au petit matin pour rejoindre une bourgade inconnue !), aujourd’hui c’est surtout fatigant et lassant, parce que les autoroutes se ressemblent toutes et qu’on doit aller trop vite, bien trop vite.
Dernièrement, en traversant une plaine très étendue, j’ai eu la chance de voir un bel oiseau qui se tenait, très droit, par- delà la rambarde : un magnifique héron, dressé sur ses jambes, de profil, le cou bien tendu et son beau bec orangé pointant vers l’autoroute. Comme je ne roulais pas si vite que cela, j’ai eu le temps de voir son œil et, me semble-t-il, le regard qu’il posait sur nous, nous qui faisions du bruit, nous qui polluions l’air et qui allions trop vite, bien trop vite.
Depuis je vous avoue que je pense souvent à ce héron, que sa parfaite beauté opposait à la noirceur du bitume. J’ai l’impression qu’il se demandait qui nous étions, où nous allions et pourquoi un gros morceau de fer l’empêchait d’avancer. Alors bien sûr, puisque c’est un oiseau, il a dû finir par prendre son envol pour aller plus loin, bien plus loin.
Les 150 dauphins qui se sont échoués dernièrement en Tasmanie n’ont pas eu cette chance1. La plupart sont morts et les autres ont dû être euthanasiés… Le journal Le Monde explique : « Des échouages massifs de cétacés sont de plus en plus souvent constatés à travers le monde, un phénomène dont les causes n’ont pas été scientifiquement établies à ce jour mais qui pourrait être lié à l’activité humaine. »
L’Eternel, lorsqu’il a organisé notre monde, a pris soin de créer toutes sortes d’animaux vivant dans la mer, des oiseaux pour voler dans le ciel et des animaux domestiques et sauvages pour occuper la terre2. L’homme n’est venu qu’après, lorsque le jardin était prêt à offrir les mille et une beautés de la création. Il n’a jamais été dans les plans de Dieu que l’activité de l’homme entraîne la perte des autres créatures…
Comment aurait été notre monde sans la chute ? Ce paradis dont le souvenir nous obsède, il semble que la nature elle-même le pleure et l’appelle de ses cris ! « Oui, le monde créé par Dieu attend avec impatience le moment où Dieu montrera la gloire de ses enfants. 3»
Nous-mêmes nous aspirons à ce « rétablissement de toutes choses » que le Christ a promis ! Nous aspirons à voir ce qu’Esaïe a décrit au chapitre 65 : « Le loup et l’agneau mangeront ensemble, le lion mangera de l’herbe sèche comme le bœuf. Le serpent se nourrira de poussière. Il n’y aura plus ni mal ni violence sur toute ma montagne sainte. C’est moi, le SEIGNEUR, qui le dis. »
Que prier alors ?
« Marana tha – Notre Seigneur, viens !4 »
Emmanuelle K.
1 https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/19/australie-des-dizaines-de-dauphins-meurent-apres-s-etre-echoues-sur-une-plage-de-tasmanie_6553391_3210.html
2 Genèse 1 : 20 à 25
3 Romains 8 : 19
4 1 Corinthiens 16 : 22